Guide pour la saison 2010-2011 de l’Opéra National de Paris
1-Opéras
1.1-Nouvelles productions
1.1.1-Les œuvres rares qui font leur entrée au répertoire de l’Opéra Bastille :
Le Triptyque de Puccini : Encore un signe des temps nouveaux à l’Opéra de Paris, Nicolas Joël met le nouveau directeur musical de la maison au pupitre pour la première nouvelle production de la saison dans un répertoire méprisé par son prédécesseur (encore que le Triptyque ne fût pas sans intérêt pour Gerard Mortier). Philippe Jordan dirigera cette production venue de La Scala de Milan mise en scène par Luca Ronconi qui a été présentée dernièrement en mars 2008 sous la direction du grand Riccardo Chailly. Les décors s’articulent autour d’un élément déterminant et représentatif de l’intrigue de chacune des trois pièces qui composent le cycle et baignent chacun dans une couleur dominante qui leur est propre : le pont supérieur d’un bateau et le noir pour Il Tabarro, un sombre drame de jalousie conjugal dans la veine de Leoncavallo ou Mascagni ; une immense statue de religieuse allongée et un bleu tirant sur un blanc faussement angélique pour la bouleversante Suor Angelica (c’est la pièce que je préfère dans le Triptyque), un opéra où tous les personnages sont des femmes (et des voix féminines) ; la chambre du défunt et le rouge pour la comédie incisive des héritiers de Gianni Schichi. C’est une très belle production que je ne manquerai pas de revoir.
Mathis le peintre de Hindemith : Je m’étais passablement ennuyé lors de la représentation de Cardillac, qui me semblait davantage tenir de l’anecdote policière que du spectacle lyrique. Il m’a été assuré que Mathis le peintre est d’une toute autre nature et d’un intérêt supérieur. L’intrigue met en scène un des plus grands peintres de la Renaissance allemande (si l’on peut se permettre cet oxymoron), Mathias Grünewald, l’auteur du retable d’Issenheim, qui a inspiré peintres et musiciens (Jonathan Harvey a composé une pièce il y a une dizaine d’années), qui sera incarné par Mathias Goerne, le digne successeur de Fischer-Diskau, qui saura certainement révéler avec soin les facettes multiples du poète de la peinture sur bois. Olivier Py mettra en scène cet opéra et l’on peut soupçonner que le livret d’Hindemith saura inspirer le directeur de l’Odéon dont on a pu apprécier le travail audacieux dans le Rake’s Progress de Strawinsky en mars 2008 sur la scène de Garnier. Ce sont là trois bonnes raisons pour réserver une place dans son agenda pour découvrir cette production.
Francesca da Rimini de Zandonaï : La production de l’opéra de Zurich mise en scène par Giancarlo del Monaco, dont on a pu apprécier le travail stylisé dans Andrea Chénier en décembre cette saison, arrive sur la scène de l’Opéra Bastille pour nous faire découvrir cette œuvre méconnue sur un livret du grand poète italien de l’époque Liberty, Gabriele d’Annunzio. Ce sera l’occasion de réentendre Roberto Alagna sur la scène de l’Opéra de Paris après plus de six ans d’absence.
1.1.2-La suite du Ring des Nibelungen de Wagner :
Cette saison, on entendra les deux derniers volets de la nouvelle Tétralogie très attendue mise en scène par Gunther Krämer dont on a pu récemment découvrir certains aspects de sa vision du grand œuvre de Wagner dans l’Or du Rhin, avec ses moments de magie et ses partis pris plus contestables. Philippe Jordan continuera de conduire la suite des évènements, avec dans Siegfried, la grande tenante actuelle du rôle de Brunnhilde, Katarina Dalayman qui a déjà fait montre de son endurance à Aix-en Provence sous la houlette de Sir Simon Rattle. On retrouvera la merveilleuse Erda de Qin Lin Zhang et le non moins excellent Alberich de Peter Sidhom, ainsi que le Mime de Wolfgang Ablinger-Sperrhacke. Le Wanderer sera incarné par Juha Uusitalo, dont j’ai découvert les grandes qualités d’acteur et de narrateur à Vienne en 2008. Dans Le Crépuscule des dieux, Nicolas Joël achèvera de nous prouver la cohérence de choix de distribution sur la longueur du cycle et nous retrouverons les mêmes remarquables Brünnhilde et Alberich que dans Siegfried, et les mêmes filles du Rhin que dans le Prologue. Siegried sera incarnédans ces deux journées par Torsten Kerl et Sophie Koch chantera sa première Waltraute après avoir montré l’intelligence de son incarnation de Fricka dans l’Or du Rhin.
1.1.3-Le gala opéra de la saison :
Giulio Cesare de Haendel : La nouvelle production du chef-d’œuvre de Haendel nous permettra d’apprécier une fois de plus le travail de Laurent Pelly (Platée cette saison à Garnier, L’Elisir d’amore à Bastille, La Belle Hélène au Châtelet figurent parmi les grandes réussites du metteur en scène favori de Natalie Dessay). Natalie Dessay nous réserve d’ailleurs sa première Cléopâtre pour la scène de Garnier. Elle sera dirigée par Emmanuelle Haïm qui fera ses débuts sur la scène de l’Opéra de Paris à la tête de son orchestre, Le Concert d’Astrée, et aura à ses côtés Lawrence Zazzo dans le rôle de Giulio Cesare que l’on a entendu plusieurs fois au Théâtre des Champs Elysées (Agrippina, L’incoronazione di Poppea), et des grands habitués du répertoire baroque, Dominique Visse en Nireno (grand spécialiste des emplois comiques de travestis _ la Nourrice dans L’Incoronazione di Poppea figure parmi l’une de ses grandes incarnations de ces dernières années à Paris), et Nathan Berg (grand familier des Arts Florissants).
1.1.4- La création mondiale de la saison :
Akhmatova de Mantovani : Sur un livret du directeur de la dramaturgie à l’Opéra de Paris, Christophe Ghristi, inspiré par la vie d’une des grandes poétesses du siècle des totalitarismes, Nicolas Joël mettra en scène le nouvel opéra de Bruno Mantovani, dont on pourra apprécier le talent dans la musique de Siddharta cette saison, commandé par l’Opéra National de Paris. Une opportunité de mieux connaître une voix qui compte sur la scène lyrique française d’aujourd’hui (il a écrit pour l’Opéra du Rhin L’Autre côté en 2006).
1.2 Reprises
Voici les reprises que je recommande de réserver, parce que ce sont des très belles productions qui n’ont pas été remontées depuis de nombreuses années et pour lesquelles les choix de distributions justifient parfois à eux seuls le ticket, étant parfois l’opportunité de réentendre sur la scène de l’Opéra de Paris des voix qui avaient été éclipsées pendant plusieurs années.
Le Vaisseau fantôme de Wagner : Cela faisait depuis 2003 que le premier opéra célèbre de Wagner n’était pas revenu sur la scène de l’Opéra Bastille. Pour cette reprise de la production de Willy Decker, des voix habituées au répertoire allemand assureront la partie vocale : Adriana Pieczoncka, bien connue du public viennois et des spectateurs new-yorkais pour ses Wagner et ses Strauss sera Senta, Matti Salminen, un habitué des emplois wagnériens, Daland, Klaus Florian Vogt qui a été ces dernières années un Florestan salué, Erik. James Morris, avec plus de trente-cinq ans de carrière reprendra le Hollandais : saura –t-il surmonter la grisaille qui envahit sa voix vieillissante, ainsi que son Philippe II dans Don Carlo en 2008 nous l’a fait constaté avec regret, pour affronter le puissant rôle de l’errant des mers ? Peter Schneider sera au pupitre dans un répertoire qu’il sert depuis de nombreuses années déjà sur les scènes allemandes.
Eugène Onéguine de Tchaïkovski : Après la production intéressante de Dimitri Tcherniakov en septembre 2008 avec la troupe du Théâtre du Bolchoï sur la scène de Garnier, la mise en scène de Willy Decker qui avait séduit les mélomanes depuis 1995 revient sur la scène de Bastille. Et pour reprendre cette production, Nicolas Joël a pris un soin tout particulier dans les choix de la distribution vocale : Olga Guryakova qui avait été une Rusalka merveilleuse de sensibilité musicale et dramatique en septembre 2005 dans la production de Robert Carsen à Bastille, reprendra un rôle qu’elle a déjà chanté à Vienne, Munich et Lyon, les saisons passées ; Ludovic Tézier chantera pour la première fois Onéguine et Jean-Paul Fouchécourt fera montre de sa maîtrise du chant français dans l’exotisme de la chanson de Monsieur Triquet au milieu du village russe en fête au second acte.
Ariane à Naxos de Strauss : La production de Pelly qui avait été étrennée sur la scène de Garnier en novembre 2003 revient pour sa deuxième reprise à Bastille. Philippe Jordan sera à nouveau au pupitre dans un spectacle qui avait marqué ses débuts à l’Opéra de Paris. Sophie Koch reprendra le rôle du compositeur qu’elle avait si bien servi à Garnier, Ricarda Merbeth, que l’on a entendu cette saison dans la Ville Morte le flambeau d’Ariadne. Applaudie depuis de nombreuses années dans le répertoire straussien et mozartien sur la scène du Metropolitan Opera, Diana Damrau brillera en Zerbinetta pour ses débuts sur la scène de l’Opéra Bastille.
Katia Kabanova de Janacek : La mise en scène de Marthaler avait divisé lors de sa venue sur la scène de Garnier en 2004. Pourtant ses choix scéniques et les décors d’Anna Viebrock jettent une lumière crue mais ô combien juste sur la détresse de la jeune héroïne et font de ce spectacle l’un des plus bouleversants du répertoire de l’Opéra de Paris. Angela Denoke reprendra le rôle de Katia, qu’elle incarne idéalement dans cette production depuis Salzbourg en 1998. Jane Henschen sera à nouveau Kabanicha, la mère, dont elle sait montrer toute la cruauté.
Otello de Verdi : L’un des grands évènements de cette saison avec le retour sur la scène de l’Opéra de Paris de Renée Fleming. Elle nous avait laissés avec Madeleine de Capriccio dans la dernière production du mandat de Hugues Gall mise en scène par Robert Carsen, en 2004. Elle revient en Desdémone, probablement un des rôles qui conviennent le mieux à sa voix aujourd’hui et qu’elle avait chanté dernièrement sur la scène de Metropolitan Opera aux côtés de Johan Botha en 2008. Elle aura à ses côtés le jeune Aleksandrs Antonenko, révélé par Riccardo Muti à Salzbourg. Grand habitué du répertoire italien sur la scène du Met, Marco Armiliato dirigera la reprise de cette production d’Andrei Serban aux reflets lunaires.
Cosi fan tutte de Mozart : Le troisième Da Ponte-Mozart revient sur la scène de Garnier sous la baguette de Philippe Jordan, mozartien reconnu sur les scènes germaniques. C’est également le retour de la production d’Ezio Toffolutti qui avait inauguré la réouverture de Garnier en mars 1996. La distribution s’annonce prometteuse avec Karine Deshayes en Dorabella, Matthew Polenzani en Guglielmo et Ildebrando d’Arcangelo en Don Alfonso.
1.3- Reprises (2)
Voilà des productions qui sont souvent le résultat d’un solide travail mais qui en sont parfois à leur reprise surnuméraire. Ce sont des spectacles qui peuvent être indiqués pour les néophytes mais que les habitués auront sans doute vus suffisamment pour libérer leur agenda pour d’autres découvertes.
L’Italienne à Alger de Rossini : Cette production avait été présentée pour la dernière fois en 2004. La mise en scène de Andrei Serban est certes jubilatoire et Lindoro sera Lawrence Brownlee, qui donne la réplique cette saison à Renée Fleming dans Armida au Metropolitan Opera. Mais Vivica Genaux, Bartoli à la bouche en déshérance quand elle vocalise, nous délivrera hélas sans doute encore un épitomé de vibrato rebelle qui tiendra lieu de bel canto, qui a ses partisans, mais dont je ne suis pas.
Les Noces de Figaro de Mozart : Le grand retour de la mythique production de Giorgio Strehler sur la scène de l’Opéra Bastille, qui évince la production de Marthaler, laquelle avait suscité la fronde du public de Garnier en 2006. Philippe Jordan sera au pupitre et dirigera des voix très appréciées dans le répertoire mozartien : Ekaterina Syurina, Julia Kleiter, Erwin Schrott, Karine Deshayes et tant d’autres. Mais fallait-il demander aux assistants du maître italien de remonter une production vieille de quarante ans bientôt et dont le transfert de la scène de Garnier à celle de Bastille, permettant de vendre plus de places, avait suscité l’ire de Strehler lui-même qui ne reconnaissait plus son travail sorti du cadre plutôt intimiste qu’il avait voulu ? Il est facile de muséifier l’œuvre des morts, ils ne sont plus là pour nous empêcher de croire à leur approbation posthume.
La Fiancée vendue de Smetana : Une autre grande légende de l’histoire de l’opéra. C’était une bonne chose de faire découvrir au public parisien l’œuvre emblème du nationalisme tchèque lorsque Gerard Mortier avait demandé à Gilbert Deflo de mettre en scène l’opéra le plus célèbre du premier grand compositeur tchèque. Mais la succession de danses traditionnelles et l’intrigue un peu désuète finissent par avoir raison de l’attention du spectateur. Pour chercher de dignes représentants du génie tchèque, il vaut mieux se tourner vers le romantisme lunaire de Rusalka de Dvorak ou l’inspiration torturée de Janacek, si sensible aux tensions particulières qui agissent l’âme profonde du peuple de Bohème et de Moravie. Célébré sur les scènes du monde entier, Piotr Beczala sera Jenik et Inva Mula, Mireille puis Mimi cette saison, sera Marenka.
Madame Butterfly de Puccini : Combien de représentations pour l’inamovible production de Robert Wilson sur la scène de l’Opéra Bastille ? Certes le travail de Wilson a de grandes qualités. Certes, la progression dramatique, parmi les plus bouleversantes de l’histoire de l’opéra, transcende une histoire qui sacrifie à l’exotisme japonisant en vogue au début du vingtième siècle. Certes Cio-Cio San sera chanté par Micaela Carosi qui a été une Madeleine de Coigny (Andrea Chénier) très applaudie cette saison. Mais après vingt ans de bons et loyaux services, la production ne pourrait-elle pas tirer sa révérence ?
Luisa Miller de Verdi : C’est un opéra d’une période charnière dans l’activité créatrice de Verdi. Avant La Traviata, il a mis en musique un drame bourgeois. Mais l’inspiration du compositeur, si elle réserve de beaux moments, ne fera naître qu’une œuvre non dénuée de charme mais d’un impact assez mineur. La production de Gilbert Deflo ne réhausse pas une œuvre secondaire dans la carrière du maître de Bussetto, dans des décors et une direction d’acteurs d’une désolante banalité. En revanche, le plateau vocal devrait être d’une haute tenue avec Marcelo Alvarez en Rodolfo, Orlin Anastassov en Comte de Walter et Krassimira Stoyanova en Luisa.
Tosca de Puccini : Puccini a de la chance à l’Opéra de Paris : les productions consacrées à ses ouvrages restent souvent des décennies à l’affiche, nous épargnant ainsi l’effort de renouveler l’imaginaire de son univers théâtral. Ainsi de cette Tosca du cinéaste Werner Schroeter qui a dépassé l’âge de la majorité et que l’on aimerait bien voir prendre sa retraite. Elle n’est pas déplaisante à voir. Mais on pourrait lui laisser le droit de reposer en paix. Tosca a certainement encore bien des choses à nous dire et à nous apprendre sur notre rapport cinématographique au monde que Puccini anticipait.
2-Ballets
2.1- Les deux galas de la saison
Roland Petit : Pour la première et le défilé du ballet, l’AROP a réservé une soirée de gala. Et pour le lancement de la saison chorégraphique, Brigitte Lefèvre a concocté une remarquable sélection des plus belles œuvres de Roland Petit et une manifestation des plus belles collaborations artistiques de l’histoire du ballet. Ainsi de Rendez-vous sur un argument de Jacques Prévert, une musique de Joseph Cosma avec des décors de Brassaï, des costumes de Mayo et un rideau de scène de Picasso ; Le Loup, argument de Jean Anouilh et Georges Neveu, musique de Henri Dutilleux, l’un des plus grands compositeurs d’aujourd’hui, et décors et costumes de Carzou ; et enfin le bouleversant Jeune homme et la Mort, sur la Passacaille en ut mineur orchestrée par Stockowski, avec les décors de Georges Wakhévitch et les costumes inspirés de Karinska. Une soirée pour voir défiler tout à tour les talents qui ont compté dans le Paris artistique de la deuxième moitié du vingtième siècle. Tout un esprit à goûter avec émerveillement.
Ballet du Théâtre Bolchoï : On aime les symboles cette année : un deuxième gala de première. Comme pour répondre à l’école française, l’école de danse russe viendra avec un ballet oublié, Flammes de Paris et nous permettre d’apprécier les deux approches de l’art chorégraphique, comme dans un dialogue artistique imaginaire illustrant l’année France-Russie. Un deuxième programme permettra d’apprécier Don Quichotte.
2.2- Le répertoire classique
Paquita de Lacotte : Un ballet de l’ère classique qui avait été oublié avant d’être remonté en 2001 par Pierre Lacotte. La musique est de Minkus, grand pourvoyeur de musiques de ballets au siècle de Flaubert.
Le lac des cygnes de Noureev : Un grand classique du répertoire dans la très belle et très fameuse chorégraphie de Noureev. Une valeur sûre que l’on ne se lasse pas de revoir et qui enchantera les jeunes spectateurs de la matinée Rêves d’enfants.
Coppélia de Bart : La musique de Delibes sert d’écrin pour cette histoire qui évoque les Contes d’Hoffmann. Le ballet revient sur la scène de Garnier.
Roméo et Juliette de Noureev : Autre grand chef-d’œuvre de Noureev, sur la musique non moins géniale de Prokofiev. Un grand moment de ballet à voir ou à revoir.
2.3 – Le répertoire contemporain
Ballet de Hambourg : La compagnie de John Neumeier revient sur la scène parisienne avec Parsifal, sur des pièces de Wagner évidemment mais aussi de l’extatique et diaphane Pärt ainsi que du génial Adams, qui a créé récemment une suite orchestrale, City Noir, au Walt Disney Hall pour le concert inaugural de Gustavo Dudamel à Los Angeles puis à la salle Pleyel récemment, et dont le Metropolitan Opera a présenté le remarquable Doctor Atomic l’an passé. Neumeier a toujours fait preuve d’une sensibilité irréprochable dans la composition musicale de ses chorégraphies, comme en ont témoigné La Dame aux camélias, que l’on a revu récemment à Garnier ou Mort à Venise, présenté au Châtelet en 2008. Une nouvelle occasion d’apprécier l’art d’un des grands maîtres du ballet d’aujourd’hui.
Balanchine-Brown-Bausch : Voici un programme qui permettra de confronter trois esthétiques chorégraphiques : l’épure du mouvement chorégraphique de Balanchine dans Apollon, l’apesanteur de la pièce stellaire et nocturne de Brown et la violence du mythique Sacre du printemps de Pina Bausch.
Caligula de Le Riche : Sur les Quatre Saisons de Vivaldi Nicolas Le Riche a essayé un portrait chorégraphique de l’empereur romain. Le défi pouvait-il être relevé avec succès ?
Mats Ek : Deux pièces du célèbre chorégraphe suédois, La maison de Bernarda inspiré de Garcia Lorca et Une sorte de… sur une musique de Gorecki, célèbre pour sa troisième symphonie.
Rain de De Keermaeker : La chorégraphe flamande a créé en 2001 ce ballet sur la musique de Reich, l’un des grands représentants du minimalisme répétitif américain avec Glass, qui entre au répertoire du ballet de l’Opéra de Paris cette saison.
L’anatomie de la sensation de McGregor : Une nouvelle création pour le ballet de l’Opéra de Paris. Mc Gregor avait déjà créé une pièce cette saison à Garnier.
Les enfants du Paradis de Martinez : José Martinez s’est inspiré du film de Marcel Carné pour écrire ce ballet faisant la part belle à la pantomime. Il a su composer une œuvre très émouvante dans laquelle il fera ses adieux à la scène en juillet prochain. Un très beau témoignage de la sensibilité du danseur étoile.
3- Quelques mots sur les autres spectacles de la saison
Pour les inconditionnels du ballet, l’école de danse proposera la chorégraphie de Coppélia de Pierre Lacotte et une pièce de Taras sur une musique de Tchaïkovski.
Pour ce qui est des concerts symphoniques de l’orchestre de l’Opéra de Paris, Philippe Jordan dirigera Brahms et Chostakovitch à Bastille le 18 janvier 2011, tandis que Georges Prêtres associera le répertoire germanique au répertoire français à Pleyel avec Brahms, Ravel et Poulenc le 29 avril 2011.
Diana Damrau donnera un récital de lieder et de mélodies à Garnier le 21 novembre2010 et le 2 novembre Marta et György Kurtag seront à Garnier. Enfin, Rachid Safid et l’ensemble solistes XXI joueront les madrigaux de Monterverdi avec le concours de Jean-Claude Drouot à l’amphithéâtre Bastille.
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