Guide pour la saison 2010-2011 au Théâtre des Champs Elysées
1-Opéras en version scénique
Passion de Dusapin : Les protagonistes de cette coproduction avec l’Opéra de Lille ne nous sont pas inconnus : Sacha Waltz était la chorégraphe du Roméo et Juliette de Berlioz présenté à Bastille en octobre 2007. Il est vraisemblable que l’abstraction lunaire de la musique de Dusapin, dont Perelà est l’un des avatars que l’Opéra Bastille présenta en 2003, saura s’accorder avec la gestuelle aux frontières de la danse de Sacha Waltz. Une performance d’art contemporain qui n’était plus dans la basse continue de l’avenue Montaigne depuis plusieurs années.
Orlando de Haendel : Après Ariodante sous la direction de Christophe Rousset il y a quelques années, voici Orlando, le premier opéra de Haendel composé sur un argument tiré de l’Arioste, présenté cette fois avec Emmanuelle Haïm. La mise en scène sera assurée par David Mc Vicar, qui avait déjà présenté dans ces murs une Aggripina et un Couronnement de Poppée très réussis, pleins de verve et de goût parfois douteux à l’efficacité théâtrale indéniable. Sonia Prina, un contralto à la voix mate et sombre montrera l’étendue de ses talents dans le rôle-titre d’un spectacle qu’il convient de retenir.
Orlando furioso de Vivaldi : On reste dans l’Arioste mais on s’envole pour la Sérénissime de Vivaldi avec l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre, dans une production qui reprend les principaux protagonistes qui ont fait le succès de l’enregistrement édité en 2005 par Naïve : Marie-Nicole Lemieux, Jennifer Larmore, Veronica Cangemi et Philippe Jarrousky. A la tête de son ensemble Matheus, le surexcité Jean-Christophe Spinosi fera montre de son dynamisme. Le directeur de l’Opéra d’Amsterdam, Pierre Audi, mettra en scène dans une esthétique que nous avons pu découvrir dans La Juive à Bastille en 2007. Il aura à ses côtés Peter van Praet, qui a réalisé les éclairages de plusieurs spectacles de Robert Carsen. Cette production, réalisée en partenariat avec les opéras de Nancy et de Nice permettra de voir un enregistrement qui a fait date prendre ses dimensions théâtrales sur une scène dédiée à ce répertoire baroque.
La Scala di Seta de Rossini : Un opera-bouffe que Rossini composa à 20 ans. Jean-Claude Malgoire présentera ses jeunes artistes de l’Atelier Lyrique de Tourcoing dans une unique soirée qui permettra de voir les premiers pas de jeunes chanteurs sur une grande scène parisienne.
Idomeneo de Mozart : Le dernier spectacle lyrique de la saison sera dirigé par un des jeunes prodiges de la baguette française, Jérémie Rohrer à la tête du Cercle de l’Harmonie. Et les oreilles mozartiennes devraient être flattées d’entendre le meilleur opéra seria du génie de Salzbourg, Idomeneo, défendu avec fraîcheur par un plateau mêlant jeunes chanteurs et talents confirmés. Les yeux ne devraient pas non plus se sentir laissés pour compte avec une mise en scène de Stéphane Braunschweig qui a produit le Ring aixois.
2-Opéras en version de concert
Petite messe solennelle de Rossini : Un Rossini plutôt intimiste avec des voix que l’on connaît bien, Désiré Rancatore fut à Garnier une reine de la nuit dans la production de Benno Besson, Anna Bonitatibus fut souvent entendue sous la direction de René Jacobs, entre autres dans Semiramide et Michele Pertusi est la grande basse belcantsite que nous avons pu applaudir dans la Somnambule à Bastille cette saison.
Otello de Verdi : Des grandes voix pour le chef d’œuvre du maître du Bussetto, avec Ben Heppner dans le rôle du maure, et pour lequel on peut attendre une incarnation à la hauteur de l’intelligence dont il a fait preuve dans les grands rôles wagnériens : qui ne se souvient de son Tristan ou de son Lohengrin à Bastille ? Anja Harteros a été une Amelia remarquable cette saison à Berlin aux côtés du Simon Boccanegra de Domingo, et la voix aux accents fauves semble tout indiquée pour rendre compte de la richesse vocale et dramatique de la fidèle Desdemona. Le Mahler Chamber Orchestra sera sous la baguette de Daniel Harding, dont on peut attendre un point de vue iconoclaste sur la partition du vieux Verdi, mais dont on peut craindre un goût immodéré pour des tempi un rien précipités.
Lodoïska de Cherubini : Ecrit à une époque où on aiguisait la guillotine, l’opéra de Cherubini nous permettra de redécouvrir une esthétique lyrique dédaignée de nos scènes et sera servi par le talentueux Jérémie Rohrer avec Nathalie Manfrino, star montante de la nouvelle génération, dans le rôle-titre.
Requiem de Mozart : Philippe Herreweghe proposera sa lecture du K626 dans un programme très grand public.
Le Carnaval de Venise de Campra : Le très vivant Hervé Niquet que l’on a entendu dans un répertoire diversifié, avec un plaisir certain dans un concert présentant un concentré de la Grand Duchesse de Geroldstein d’Offenbach à Pleyel cette saison, reviendra à ses premières amours qui l’on révélé aux parterres et aux équipements hi-fi des mélomanes et ressuscitera un opéra d’un des représentants du baroque français laissé dans l’ombre de la postérité de Lully. Salomé Haller que l’on a pu entendre dans Iphigénie en Tauride à Garnier sous les traits d’une prêtresse de Diane prouvera sa sensibilité à la ligne du chant français et les chœurs des Chantres du Centre de musique de Versailles défendront le baroque français sous la direction de leur directeur engagé, Olivier Schneebeli.
Otello de Rossini : Une trahison de la pièce de Shakespeare trop rarement présentée sur scène. Pour apprécier un autre regard sur le drame du maure, Evelino Pido dirigera un répertoire dont il s’est fait l’ambassadeur avec beaucoup de succès et un sens de la mise en valeur du plateau vocal parfois mis en défaut par une baguette à la précision aléatoire. Et pour servir les rôles de Desdemona et d’Otello, deux grandes voix que nous avons entendues dans un opéra de la génération suivante à Bastille, la Juive de Halévy, Anna Caterina Antonacci y était Rachel et John Osborn l’Empereur.
Alcina de Haendel : Après avoir entendu William Christie à Garnier en 1999 puis Christophe Rousset au Châtelet en 2005, c’est au tour de Marc Minkowski de nous livrer sa vision de l’histoire de la magicienne de l’Arioste. Et il est fort probable que les choix d’interprétation seront très différents, sinon diamétralement opposés, dans une optique qui ne dédaignera pas la puissance et la richesse de l’orchestration du divin Saxon, ni l’opulence des voix pour lesquelles ce dernier composait. Alcina sera incarnée par Anja Harteros qui a fait ses preuves dans un répertoire large, entre autres Simon Boccanegra à Berlin, Morgana par une fidèle de Minkowski, qui avait été Ginevra dans l’enregistrement d’Ariodante paru il y a plus de douze ans, et Ruggiero par une Vesselina Kasarova dont la tenue de la ligne commence à devenir un sujet de préoccupation.
Un Requiem allemand de Brahms : Hartmut Haenchen a fait preuve dans ses Strauss à Bastille et à Garnier d’une élégance dans le maniement de la baguette qui sera sans doute une vertu dans la sobriété d’un programme rapprochant deux visions de la finitude humaine tutoyant la pureté musicale du dénuement théâtral caractéristique de Brahms et de Haydn.
Les Saisons de Haydn : Un oratorio plein de saveur servi par des voix claires et légères.
Teseo de Haendel : Un opéra de la période italienne de Haendel dans lequel figureront deux des voix de haute-contre les plus fameuses d’aujourd’hui : Max Emanuel Cencic et Damien Guillon. L’orchestre des Folies Françoises sera dirigé par leur directeur Patrick Cohen-Akenine, fin interprète du répertoire de la fin du dix-septième siècle et du début du dix-huitième siècle. Un concert que les amateurs de Haendel et de haute-contre ne peuvent omettre d’inscrire à leur agenda.
Fidelio de Beethoven : Kurt Masur dirigera l’unique opéra de maître Ludwig avec Matthias Goerne dans le rôle du méchant Pizzaro.
Magnificat de Bach et Dixit Dominus de Haendel : Deux célébrations de la gloire divine sous la conduite d’un habitué du répertoire écrit pour la plus grande gloire de Dieu et l’opportunité d’entendre l’un des chefs-d’œuvre du jeune Haendel, plein de la vigueur du génie du futur fils adoptif de Londres.
Grands motets de Rameau et Mondonville : Emmanuelle Haïm propose son regard sur le grand motet versaillais que William Christie nous avait fait redécouvrir il y a une quinzaine d’années entre autre au cours des journées Rameau et Mondonville dans le cadre du festival de musique baroque de Versailles immortalisé dans des enregistrements parus chez Erato. Le Dominus regnavit de Mondonville est à cet égard exemplaire de la noblesse du sentiment et de la grande acuité de l’écriture baroque à suggérer les éléments de la nature : Dieu s’exprime dans la Nature sous les ors de la Chapelle Royale. Le cadre de la salle du Théâtre des champs Elysées n’est peut-être pas le lieu pour éprouver la grandeur un peu froide si particulière de cette musique mais pourquoi bouder le plaisir d’entendre résonner la lumière du siècle de Louis XV ?
Les Noces de Figaro de Mozart : Seiji Ozawa revient sur la scène du Théâtre des Champs Elysées avec un ensemble dont il est le directeur et l’initiateur. Le maître sera accompagné par une distribution triée sur le volet : Anna Christy avait été une Candide légère au Châtelet dans la production de Robert Carsen, Mariusz Kwiecien un Roi Roger remarquable à Bastille la saison passée et un Don Giovanni applaudi au Met.
Parsifal de Wagner : Ca vient de Bavière, c’est une légende allemande chantée par des chanteurs habitués des scènes lyriques allemandes et c’est sous la conduite du directeur musical du Bayerische Staatsoper, Kent Nagano. On pourra réentendre la Kundry de Angela Denoke qui avait alterné pour quelques dates avec Waltraut Meier à la Bastille en 2008. Gurnemanz sera tenu par une voix solide, Kwanchoul Young, qui avait été Sarastro en 2005 à Bastille. Nikolai Schukkoff sera t-il à la hauteur de Parsifal et nous fera-t-il oublier son inadéquation évidente au rôle de Don José au Châtelet dans la production de Carmen de Martin Kusej ?
Pelléas et Mélisande de Debussy : Une affiche en épitomé du chant français d’aujourd’hui pour servir la déclamation et l’orchestration nimbée de couleurs modales de l’opéra de Debussy. Une des grandes baguettes francophones de notre temps, Louis Langrée, plébiscité hors de nos frontières, conduira l’orchestre de Paris. Natalie Dessay chantera Mélisande aux côtés de son complice Simon Keenlyside, qui sera Pélléas (ils ont fait ensemble Hamlet au Met cette saison) ; Marie-Nicole Lemieux sera Geneviève, Laurent Naouri, Golaud et Alain Vernhes, Arkel. On peut attendre de ce plateau une clarté de l’élocution chantée capable de rendre justice au raffinement parfois excessif de la partition de Debussy.
Passion selon Saint-Jean de Bach : Un des monuments les plus bouleversants de la littérature religieuse sera servi par un des grands interprètes de ce répertoire, Ton Koopman, qui avait déjà signé maints enregistrements de référence de l’œuvre vocale de Bach.
Farnace de Vivaldi : Après Jordi Savall en 2003, Stefano Molardi présente un des grands chefs d’œuvre lyrique de Vivaldi, avec le célèbre lamento que Cecilia Bartoli avait contribué a réinstallé dans nos oreilles. Le chef espagnol avait choisi Furio Zanasi pour le rôle de Farnace, qui avait livré une interprétation très sensible à la théâtralité du texte mais qui laissait l’amateur de voix un peu sur sa faim. On peut espérer qu’avec la voix sombre de la contralto montante, Sonia Prina, notre soif de technicité lyrique sera davantage satisfaite.
Magnificat, Gloria et Nisi Dominus de Vivaldi : Trois des plus belles partitions de Vivaldi par Hervé Niquet et l’un des contre-ténors les plus en vue de la nouvelle génération, Damien Guillon.
Il Trovatore de Verdi : Ludovic Tézier incarnera le Conte di Luna dans ce concert de l’Orchestre National de Bordeaux-Aquitaine. Les autres protagonistes ne sont pas inconnus : Elena Manistina avait remplacé Olga Borodina dans la Fiancée du Tsar (la voix a peut-être gagné en assurance et la ligne en stabilité), Giuseppe Gipali avait remplacé Roberto Alagna dans la Rondine au Châtelet en 2006, c’est une voix assez claire mais qui avait encore à gagner en solidité.
Stabat Mater de Vivaldi et Pergolesi : La confrontation des deux plus célèbres Stabat Mater de la littérature baroque sous la conduite d’un très bon connaisseur de l’Italie du dix-huitième siècle, Andrea Marcon.
Messe en ut majeur de Beethoven : Colin Davis revient à la tête de l’Orchestre national de France avec l’autre messe de Beethoven, moins célèbre que la Solemnis, mais également impressionnante. Une belle distribution pour la servir avec Nathalie Manfrino et Nicolas Courjal. En première partie de soirée, Nicolas Angelich jouera le quatrième concerto pour piano.
Il due Foscari de Verdi : Un opéra de jeunesse avec Ramon Vargas.
Ariodante de Haendel : On se souvient de l’enregistrement de Minkowski avec Anne-Sofie von Otter, on se souvient de la production présentée il y a quelques saisons avenue Montaigne avec Angela Kirschlaeger sous la baguette de Christophe Rousset, laquelle nous avait laissé une impression mitigée, voilà Alan Curtis à la tête de son orchestre Il Complesso Barocco. Il sera accompagné de valeurs sûres du répertoire baroque, Karina Gauvin, Marie-Nicole Lemieux, et d’une bel-cantiste confirmée en la personne de Joyce DiDonato.
Quatre pièces sacrées et extraits des Vêpres Siciliennes de Verdi : L’originalité du programme est de réunir deux aspects de la création de Verdi distants de plus de trente ans. Les pièces sacrées sont empreintes de sobriété, tandis que les Vêpres siciliennes sont un témoin sous-estimé de ce que le maître de Bussetto a légué en matière de grand opéra à la française. Bien que la version originale soit en français, ce sera la version italienne que nous entendrons, servie par des interprètes rompus au répertoire italien : Sondra Radvanovsky qui a déjà incarné Helena à Vienne dans la production de Herbert Wernicke, Michele Pertusi, remarquable basse chantante belcantiste. Le chef Gianandrea Noseda veillera sur l’Orchestre du Teatro Regio de Turin avec un souci du plateau vocal que l’on a pu apprécier dans la production du Trouvère au Met la saison passée.
L’enlèvement au sérail de Mozart : Le singspiel sera dirigé par un interprète reconnu du répertoire du siècle des Lumières finissant et des premières lueurs du romantisme, Christoph Spering et chanté par des interprètes que nous avons déjà entendus : Désiré Rancatore, Xavier Mas, ancien pensionnaire de l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris.
Vêpres d’un confesseur et Messe en ut mineur de Mozart : Le grand chef d’œuvre de Mozart en matière de musique sacrée, la messe en ut, sera présenté par le très talentueux Jérémie Rohrer qui sera également au cours du même mois de juin dans la fosse pour Idomeneo.
La finta giardiniera de Mozart : Un opéra de jeunesse de Mozart assez rarement donné.
3- Récitals de chant
Joyce Di Donato : La mezzo américaine interprètera des airs de son répertoire d’élection, Mozart et Rossini, sous la direction du nouveau directeur musical de l’Opéra de Lyon, Kazushi Ono, dont on a pu mesurer le talent dans le Roi Roger à la Bastille la saison passée.
Jonas Kaufmann : C’est avec le cycle exigeant de La Belle Meunière, accompagné d’Helmut Deutsch, que le ténor allemand réunira ses aficionados pour une séance de rattrapage après le concert annulé de cette saison.
Paris International Opera Competition : La finale d’un concours de chant pour avoir l’occasion d’entendre les talents de demain.
Ian Bostridge : Le ténor anglais fera preuve de son talent précieux aux côtés de l’énergique Fabio Biondi dans un répertoire qu’ils nous feront redécouvrir.
Max-Emmanuel Cencic : Le contre-ténor autrichien fera montre de ses talents dans un éventail large d’airs de Haendel, Vivaldi et Albinoni, mêlant les must et les partitions méconnues.
Rolando Villazon : Notre grand ténor va s’amuser avec des chansons mexicaines et nous faire découvrir un répertoire que bon nombre d’entre nous ne connaît pas.
Philippe Jarrousky : La star des contre-ténors français vient avenue Montaigne pour trois soirées en décembre : le premier avec le Concerto Köln dans des airs de Caldara, compositeur italien presque contemporain de Monteverdi, le second en duo avec Andreas Scholl dans un répertoire dédié à Purcell, et le troisième réunira des talents aussi variés que Veronica Cangemi, Gautier Capuçon et le Quatuor Ebène. Les fidèles (et les autres) pourront choisir de suivre les trois programmes ou sélectionner selon qu’ils voudront entendre l’essence du talent de Jaroussky en soliste, découvrir le duo de contre-ténor, chacun possédant un timbre idiomatique, ou apprécier le décloisonnement des répertoires.
Patricia Petibon : Une sélection d’airs de Mozart et de Haydn pour entendre la talent de la voix claire et légère de Patricia Petibon que l’on entendue tour à tour espiègle dans les Indes Galantes à Garnier avec William Christie et émouvante dans le Dialogue des Carmélites. L’orchestre qui l’accompagnera sera Il Giardino Armonico conduit par son iconoclaste directeur Giovanni Antonini.
Viviva Génaux : Un résumé du répertoire rossinien pour la compatriote de Sarah Palin. Les amateurs retiendront la date, les autres éviteront le mal de mer.
Thomas Hampson : Le grand baryton s’attaque au grand monument du Lied, le Winterreise de Schubert. C’est un pari risqué pour lequel il sera épaulé par un accompagnateur reconnu, Wolfram Rieger. Tant il est vrai que le cycle de Schubert est une expérience à part pour les chanteurs comme pour les mélomanes.
Stéphane Degout : Le talentueux baryton français chantera un programme mêlant des Lieder et des mélodies françaises, mettant en regard la poésie de l’Allemagne romantique et l’élégance de la France de la Belle Epoque.
Magdalena Kozena : La soprano tchèque proposera un programme autour d’un répertoire occulté par la renommée de Monteverdi que les amateurs de la musique du dix-septième siècle italien retiendront. Magdalena Kozena a d’ailleurs des talents certains dans le répertoire baroque, même si la diction semble lui tenir parfois rancune.
Anne Sofie von Otter : Un résumé de l’évolution stylistique au sein du Baroque. La mezzo suédois est sans nul doute l’une des récitalistes les plus géniales de sa génération. Même si le timbre souffre parfois d’une certaine sécheresse que les ans font subir au galbe de la voix, les amateurs de baroque, et les amateurs de récital ne peuvent manquer le programme.
Maria Grazia Schiavo et Rainer Trost : Jérémie Rohrer prête son ensemble au fougueux Giovanni Antonini pour un concert Mozart en marge des représentations d’Idomeneo.
4-Sélection de concerts symphoniques
Philharmonique de Vienne : L’un des grands évènements de la saison est le cycle Beethoven que Christian Thielemann présentera avec le Philharmonique de Vienne : après avoir joué l’intégralité des symphonies à Vienne, il vient en novembre nous livrer une vision un rien traditionnelle. Mais depuis quand les Wiener Philharmoniker n’étaient-ils pas venus jouer une intégrale des symphonies du pensionnaire du Zentral Friedhof ?
Orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg : Nelson Freire viendra jouer les deux concertos pour piano de Brahms, avec un sens du lyrisme que nous lui connaissons bien. Yuri Temirkanov dirigera en partie complémentaire de programme deux des plus belles symphonies de Brahms, la seconde, pastorale aux couleurs délicatement automnales et la quatrième, une puissante composition qui s’achève sur un hommage à Bach dans la passacaille finale.
Saito Kinen Orchestra : Le fondateur de l’orchestre viendra avec une création de Gondrai et le troisième concerto pour piano de Beethoven sous les doigts de Mitsuko Uschida, que l’on a parfois connue un peu sèche.
Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise : Sous la baguette du grand chef letton, expert es Mahler, le programme réunit la quatrième symphonie de ce dernier, un des témoignages de la versatilité de l’émotion mahlérienne, et la neuvième symphonie du compositeur qui a été le plus sensible à l’esthétique de Mahler, Chostakovitch, qui est une partition d’une légèreté et d’une ironie inattendue pour une symphonie portant l’insigne légendaire du numéro neuf, censé être l’antichambre de l’au-delà selon les mots de Schönberg, constatant la malédiction frappant les compositeurs romantiques à l’aune de leur neuvième symphonie.
Orchestra of the Age of Enlightement : Deux concerts, l’un en janvier sous la direction de Vladimir Jurowski, proposera nous permettra d’entendre le grand répertoire romantique et les Lieder eines fahrenden Gesellen de Mahler avec Sarah Conolly, mezzo qui fait les beaux soirs de l’English national Opera, et le second avec les sœurs Labèque et Simon Rattle dans un doublé Mozart-Haydn.
Orchestre Symphonique de Lucerne : Un programme slave avec aux pupitres solistes Martha Argerich et Mischa Maïsky.
Orchestre des Jeunes Gustav Mahler : Le directeur musical de l’opéra de Paris jouera deux des dernières œuvres de Mahler, et deux des plus bouleversantes, avec Thomas Hampson dans Das Lied von der Erde.
Ongaku-Juku ensemble : Une rencontre au sommet de deux légendes.
Les Talents lyriques : Pour célébrer son vingtième anniversaire, Christophe Rousset nous propose une cure de jouvence à l’époque de Farinelli.
Ensemble orchestral de Paris : Parmi les nombreux concerts que la formation donne avenue Montaigne, on peut retenir l’hommage à Jean-Pierre Rampal le 6 novembre, le concert donné par Paul McCreesh le 25 janvier, celui de Robert Norrington avec Elodie Méchain le 22 février et celui du 24 mai, les deux permettant de découvrir des facettes d’un compositeur français d’aujourd’hui, Nicolas Bacri.
On pourra aussi assister à la facétieuse initiative du contre-concert du Nouvel an dirigé par Jean-François Zygel, le 30 janvier à la tête de l’Orchestre Lamoureux.
5-Récital et musique de chambre-sélection
Prades aux Champs Elysées : Comme chaque année, c’est le moment d’entendre de grands talents manifester le plaisir de se retrouver pour jouer le répertoire de la musique de chambre. Cette année les trois concerts sont consacrés au « classicisme » viennois, Mozart et Schubert, en octobre, au répertoire slave en janvier et à Brahms et Beethoven en mars.
Quatuor Hagen : Le quatuor fête son vingtième anniversaire en jouant deux des plus belles œuvres de la littérature : le premier quatuor de Janacek et le quatorzième de Schubert, La jeune fille et la mort.
Intégrale des sonates pour piano et violon de Beethoven : Frank Braley et Renaud Capuçon interprèteront la sonate à Kreutzer et ses neufs autres sœurs.
Andras Schiff : Le délicat pianiste présentera un panorama des « morceaux » pour piano de Schubert.
Roger Muraro : Le pianiste français jouera la transcription pour piano que Franz Listz a réalisée de la Symphonie fantastique de Berlioz.
Fazil Say : Le pianiste turc jouera deux des plus grandes œuvres du répertoire : la vingtième sonate de Schubert et la dernière de Beethoven, l’opus 111.
Nicolas Angelich : Le pianiste français nous livrera sa vision des Variations Goldberg.
6-Concerts du dimanche matin
Brendel/Aimard : En réponse aux poèmes du pianiste émérite, Pierre-Laurent Aimard interprètera des pièces parmi les plus célèbres de Kurtag et Ligeti, dont plusieurs Etudes pour piano de Ligeti, corpus qui figure parmi les grands chefs-d’œuvre de la littérature pianistique du vingtième siècle aux côtés des Préludes de Debussy.
Intégrale des quatuors à cordes de Beethoven par le quatuor Artémis : Une intégrale qui se déroule tout au long de la saison.
Centenaire Jean-Louis Barrault : Pour célébrer le centenaire de ce grand homme, l’avenue Montaigne a concocté trois programmes. Le premier est constitué d’extraits du Langage du corps de Barrault sous la houlette de José Martinez, danseur étoile de l’Opéra de Paris et qui avait mis en scène les Enfants du paradis inspiré par le film de Carné. Pour le second, Denis Podalydès lira des textes de Barrault, Artaud et Camus. Pour clore le cycle, le dernier concert réunira François-René Duchâble et Alain Carré.
7-Danse
Gala des étoiles du XXI siècle : C’est un rendez-vous annuel qui réunit les amateurs de ballet venus applaudir les étoiles des quatre coins du monde sur la scène du Théâtre des Champs Elysées.
Eifam Ballet Théâtre de Saint-Pétersbourg : Sur la musique de Tchaïkovski, Boris Eifam relève le défi de traduire chorégraphiquement le grand roman de Tolstoï, Anna Karenine.
Guillem-Lepage-Maliphant : Grande habituée de l’avenue Montaigne, Sylvie Guillem s’est jointe à son complice Russell Maliphant et à Robert Lepage, lequel avait mis en scène la Damnation de Faust à Bastille et sera à l’œuvre pour la nouvelle production du Ring au Met cette saison.
Saint-Petersbourg Ballet Théâtre : La danseuse étoile Irina Kolesnikova interprètera deux classiques du répertoire, Le Lac des cygnes et la Belle aux bois dormant avec la troupe du Saint-Petersbourg Ballet Théâtre.
Les saisons russes du XXIème siècle : Un programme qui nous permettra de nous replonger dans le centenaire des Ballets russes.
Enfin le Théâtre des Champs Elysées présentera le spectacle mise en scène par Alain Sachs « Corps à cordes ».
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