mercredi 9 mars 2011

Orchestre Philharmonique de Radio-France, Salonen, Saariaho, Varèse, Théâtre du Châtelet, 19 février 2011

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Anna Bolena, Donizetti, Gran Teatro del Liceu, Barcelone, 14 février 2011

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Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon, Penderecki, Bartók, Mahler, Opéra Berlioz, Montpellier, 11 février 2011

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Francesca da Rimini, Zandonai, Opéra Bastille, jeudi 3 février 2011

Francesca da Rimini, Zandonai, Opéra Bastille, jeudi 3 février 2011
Avec Svetla Vassileva Francesca, Roberto Alagna Paolo il Bello, George Gagnidze Giovanni lo Sciancato, William Joyner Malatestino dall’Ochio, Louise Callinan Samaritana, Wojtek Smilek Ostasio, Grazia Lee Biancofiore, Manuela Bisceglie Garsenda, Carol Garcia Adonella, Andrea Hill Altichiara, Cornelia Oncioiu La Schiava, Alexandre Kravets Ser Toldo Berardengo, Yuri Kissin Il Giullare, Alexandre Duhamel Il Torrigiano, Nicolas Marie Il Balestriere, Ook Chung La Voce del prigioniero, Daniel Oren direction musicale, Giancarlo del Monaco mise en scène.
Créé en 1914 sur un livret tiré de la tragédie homonyme de Gabriele d’Annunzio, l’opéra de Zandonai, Francesca da Rimini, n’avait jamais été présenté sur la scène de l’opéra national de Paris. L’argument est le suivant : Francesca est promise à un époux, qu’elle ne connaît pas, Giovanni le Boiteux, pour lequel son frère, Paolo le Beau, va intercéder auprès de la jeune fille. Hélas les deux jeunes gens vont tomber amoureux l’un de l’autre, et Malatestino de l’œil perdu, lui aussi épris de Francesca, va dénoncer l’adultère auprès de l’époux légitime, son frère handicapé. Les deux amoureux seront tués l’un et l’autre. Le livret mêle à l’intrigue des allusions à Tristan et Yseult – le drame wagnérien et le symbolisme de Maeterlinck flotte dans l’air du temps.
La partition de Zandonai, âgé alors de trente-et-un ans seulement, se rappelle de la leçon wagnérienne, tout en se montrant sensible aux influences debussystes, ainsi que les parties dévolues à l’harmonie le laissent entrevoir, tandis que l’on peut reconnaître dans les couleurs parfois sucrées des cordes l’influence d’une certaine école russe – Tchaïkovski, Rimski-Korsakov. La partie vocale sacrifie le bel canto à une prosodie tendue vers une expression passionnée du sentiment. Le chant se fait soutient du drame – et des vers, ce qui distingue l’ouvrage de Zandonai de ses confrères véristes, et suggérerait davantage une lointaine parenté avec Busoni.
La mise en scène de Giancarlo del Monaco, venue de Zurich, qui l’a déjà goûté lors des précédentes saisons, se caractérise par sa fidélité illustrative. Si les décors mi art déco, mi japonisant des deux derniers actes, lesquels se déroulent dans la demeure des trois frères, révèlent l’atmosphère particulière qui empreint l’ouvrage, les deux premiers actes semblent davantage souffrir. L’évocation guerrière du deuxième avec ce navire s’ouvrant pour laisser passer le fauteuil du boiteux rappellerait avec sa proue et ses lumières sombres le Billy Budd de Francesca Zambello, tandis que le jardin enchanté du premier se hisse au sommet du palmarès des bonbonnières scénographiques : le kitsch est insurpassable et la pose des décors de carton-pâte n’est guère discrète sur le plateau. L’illusion est vaporeuse. Et la fin de ce même premier acte, avec l’arrivée du ténor, le chevalier, est une originalité – Paolo vient du fond de la scène pour aller à la rencontre de Francesca, le tout nimbé d’un halo de silence et de pacotille.
L’attrait majeur de la production était bien évidemment le retour sur les planches de l’Opéra national de Paris de Roberto Alagna, après sept saisons de désertion. Le ténor français affiche une santé éclatante. La voix est impeccablement placée, l’émission claire, la diction exemplaire. Du grand art, que les divertissements auxquels la star s’est adonnée ces dernières années nous auraient fait oublier. A ses côtés, la Francesca de Svetla Vassileva se révèle d’un impact dramatique réel. George Gagnidze fait preuve d’une rugosité idoine en Giovanni le Boiteux, tandis que William Joyner ne manque pas d’éclat vindicatif en Malatestino. Daniel Oren semble transporté devant sa baguette et la partition. Le chœur de l’Opéra national de Paris, sous la houlette de Patrick Marie Aubert, fait de beaux efforts de présence.

Intolleranza 1960, Nono, Gran Teatro la Fenice, Venise, 1er février 2011

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Récital Wilhem Latchoumia, Opéra Comique, 29 janvier 2011

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Don Pasquale, Donizetti, Opéra de Tours, 28 jancier 2011

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Récital Sunwook Kim, Salle Pleyel, 27 janvier 2011

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Les Puritains, Bellini, Genève, Grand-Théâtre, 26 janvier 2011

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L'Italienne à Alger, Rossini, Bordeaux, Grand-Théâtre, 21 janvier 2011

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Giulio Cesare, Haendel, Palais Garnier, 20 janvier 2011

Giulio Cesare, Haendel, Palais Garnier, 20 janvier 2011
Avec Lawrence Zazzo Giulio Cesare, Varduni Abrahamyan Cornelia, Isabel Leonard Sesto, Natalie Dessay Cleopatra, Christophe Dumaux Tolomeo, Nathan Berg Achilla, Dominique Visse Nireno, Aimery Lefèvre Curio, Emmanuelle Haïm direction musicale, Laurent Pelly mise en scène.
Très attendue, la nouvelle production confiée à Laurent Pelly, et offrant à Natalie Dessay sa première Cléopâtre, fait l’objet ce soir d’un gala organisé par l’AROP – comme cela est l’usage trois fois dans la saison. Ce Giulio Cesare n’en déçoit pas moins.
L’ouvrage de Haendel foule régulièrement les planches des théâtres lyriques de France et de Navarre, et se prête souvent à des relectures décalées et colorées. Le metteur en scène français, célébré en ces murs plus d’une fois, a choisi de replacer l’intrigue dans un musée d’antiquité au sein duquel les protagonistes, venus de la Rome presqu’impériale, font des incursions au milieu de figurants incarnant le personnel. Une telle idée pouvait être propice à la fantaisie et à un joyeux branle-bas d’anachronismes. Mais le quatuor scénographique a préféré la sagesse. L’inventivité de Pelly se limite à quelques déhanchés audacieux sur les effigies des héros pétrifiés, les décors de Chantal Thomas à des camaïeux poussiéreux, Joël Adam à une alternance entre des changements abrupts de lumières et des éclairages parfois blafards, et Agathe Mélinand se garde d’apporter un grain de sel qui enraierait un concept huilé, risquant d’en faire éclater l’indigence de traitement.
On pourra se consoler avec la musique, espérera-t-on. Nathalie Dessay devait être la diva de la soirée. Elle le fut. Si la forme du soprano français n’est pas à son acmé, le Se pieta est un exemple de sensibilité, avec un sens de nuances, une délicatesse dans les appogiatures, une inventivité dans le da capo qui lui font honneur. Les stridences de la voix ne sont cependant pas toujours absentes, au point de bloquer l’émission dans le dernier air du troisième acte : madame Dessay demande l’indulgence d’Emmanuelle Haïm et du public, elle reprend le morceau.
Le reste de la distribution ne mérite pas moins d’être mentionné. Si Lawrence Zazzo ne se montre pas sous ses meilleurs harmoniques ce soir en Giulio Cesare, on lui sera gré d’un sens de la caractérisation certain. Varduni Abrahamyan est la belle surprise de la production. Le timbre fruité et rond, l’assurance de la ligne font briller cette Cornélia au firmament haendélien. Isabel Leonard incarne un Sesto un peu pâle – la scénographie le laisse un peu dans l’ombre. Le métier est pourtant indéniable, et mérite d’être applaudi, quoique le format de la voix ne soit pas des plus amples. Christophe Dumaux agace un peu en Tolomeo agressif. Nathan Berg se montre honnête en Achille et fait oublier les braises charbonneuses que nous avions subi il y a quelques mois dans Orlando avenue Montaigne. Dominique Visse reste fidèle aux falsetti de caractère. Aimery Lefèvre assume le rôle de Curio.
Sous la battue de sa directrice musicale, Emmanuelle Haïm, l’orchestre du Concert d’Astrée déroule la partition, et le chœur de l’Opéra national de Paris est sous la conduite de Patrick Marie Aubert.

Madama Butterfly, Puccini, Opéra Bastille, 19 janvier 2011

Madama Butterfly, Puccini, Opéra Bastille, 19 janvier 2011
Avec Micaela Carosi Cio-Cio San, James Valenti Pinkerton, Anthony Michaels-Moore Sharpless, Enkelejda Shkosa Suzuki, Anna Wall Kate Pinkerton, Carlo Bosi Goro, Vladimir Kapshuk Principe Yamadori, Scott Wilde Lo Zio Bonzo, Théo Vandecasteele/Randy Razafijaonimanana Il figlio di Cio-Cio San, Maurizio Benini direction musicale, Robert Wilson mise en scène, Giuseppe Frigeni co-metteur en scène.
Madama Butterfly est un des opéras les plus joués de l’histoire de l’Opéra de Paris – plus de mille deux cents représentations à ce jour – et la présente production due à Robert Wilson en est à sa soixante-septième ce soir. On prend peu de risque en affirmant que le travail épuré du metteur en scène américain inspiré par le théâtre nô est tout à son affaire dans la tragédie japonaise de Puccini. Si la perfection de la gestuelle s’émousse un peu au fil des reprises, le minimalisme de la scénographie se laisse peu entamer par les approximations inévitables au renouvellement des interprètes et aux réglages successifs délégués, gardant une efficacité que les aléas des distributions épargnent.
Le plateau vocal de la soirée ne fera pas anthologie. Micaela Carosi, applaudit la saison précédente en Madeleine de Coigny, croit devoir dramatiser la partie de Cio-Cio San pour dégager une émotion amplifiée. Hélas, en dépit des nombreuses qualités de l’interprète, l’intonation un peu basse défavorise l’éclat et l’impact émotionnel. Nous ne nous attarderons pas sur le Pinkerton falot dont elle est flanquée, James Valenti peine à se faire audible dans le grand auditorium de la Bastille. Anthony Michaels-Moore montre un métier et une puissance indéniable en Sharpless, même si cela manque parfois un peu de finesse. Suzuki incombe à Enkelejda Shkosa et Kate Pinkerton à Anna Wall. Carlo Bosi est Goro, Vladimir Kapshuk, ancien pensionnaire de l’atelier lyrique, Principe Yamadori.
Habitué du répertoire italien, Maurizio Benini fait preuve d’un savoir-faire incontestable, assisté par les chœurs de la maison dirigés par Patrick Marie Aubert.

Orchestre de l'Opéra national de Paris, Brahms, Chostakovitch, 18 janvier 2011

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La Légende de Sainte-Elisabeth, Lizst, Avignon, 15 janvier 2011

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Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg, Nelson Freire, Schumann, Brahms, Théâtre des Champs Elysées, 14 janvier 2011

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Orchestre National de France, Mahler, Théâtre du Châtelet, 13 janvier 2011

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Il Complesso Barocco, Auditorium du Louvre, 12 janvier 2011

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